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La Chapelle hantée

mercredi 9 décembre 2015, par Mme ABIDI.

SARAH CASTEL

La chapelle hantée.

La nuit commençait à tomber et je voyais le niveau de carburant baisser. Jamais nous ne pourrions arriver avec aussi peu d’essence et aucune station en vue.

- Marie… il n’y a plus d’essence et je ne capte pas ici...
- Pardon ? T’es sérieuse ?
- Oui… tu sais très bien que ce n’est pas mon genre de faire des mauvaises blagues. Je sais pas comment on va faire ? Où va-ton dormir ? Qu’est-ce qu’on va devenir ?
- Je crois qu’il y a un cimetière pas loin mais c’est un peu glauque !
- Ouais bah on va faire avec...
Nous marchâmes jusqu’aux grilles que nous aperçûmes rapidement, il commençait à faire frais.
- Houla, c’est flippant ici, des tombes à perte de vue ! Et on va dormir dessus ou comment ça se passe ?
- Bon t’arrêtes de te plaindre, je suis déjà assez angoissée comme ça ! Et si tu continues, tu vas finir pas réveiller les morts...
- Qu’est-ce qu’on cherche au juste ici ?
- On va voir si la chapelle est ouverte, peut-être qu’on pourra y trouver…
- Y trouver quoi ? Un curé de nuit ?
- Pourquoi pas ! C’est toujours mieux que de passer la nuit dehors...

Nous nous rendîmes à la chapelle dont la porte était ouverte. Un halo de lumière s’en dégageait. La batterie de mon téléphone venait de me lâcher et il n’y avait aucune autre source de lumière.

- On va devoir passer la nuit ici !
- Je commence à vraiment trembler là Marie...
- Oui moi aussi, en plus il fait froid !

J’avais comme un mauvais pressentiment, comme si je savais que quelque chose allait se passer et ce n’était pas seulement la peur de dormir dans un cimetière... Soudain, je crus entendre un bruit léger et étrange. Impossible de voir d’où cela pouvait venir, le bruissement nous enveloppait peu à peu. Marie et moi dûmes rentrer dans la chapelle.
Puis il y eut des pas sur le gravier comme si quelqu’un se rapprochait.

Nous nous mîmes à chuchoter, il ne valait mieux pas que l’on nous repère !

- Il faut que nous partions d’ici Marie, c’est surement pas une fée venue nous ramener chez nous...
- Mais pour aller où ?
- Je sais pas mais pas rester ici en tout cas, je suis sur qu’il se dirige vers nous !
- Attends, calme toi, c’est peut être le gardien...
- Le gardien ? Je sais que tu n’y crois pas toi même alors au lieu de parler, retournons plutôt à la moto...

Nos pieds ne voulurent pas se détacher du sol. Le bruit redoubla dans la chapelle et le halo de lumière se déplaça dans la chapelle éclairant la face torturée du Christ sur sa croix.
- Marie, je veux partir, être avec mes parents...
- Moi aussi Kate mais il faut savoir affronter la vie telle qu’elle est...
- C’est pas le moment de faire la philosophe là !

Soudain, une voix se fit entendre, mon sang ne fit qu’un tour et je m’immobilisai serrant de plus en plus fort la main de Marie de peur qu’elle ne disparaisse.

Un vent violent renversa les bancs et fit exploser les vitraux qui retombèrent en miettes au sol. Nous n’avions aucun endroit où nous retrancher. Nous frappâmes la porte de toute notre force. J’avais la gorge serrée et des frémissements dans tout le corps.

- Qu’est-ce que font deux jeunes filles dans la nuit au milieu d’une chapelle hantée ?

Nous avions complètement perdu la parole, la crainte nous paralysa. Pourtant cette voix nous était familière.

- Alors, on a perdu sa langue ? Ricana-t-elle méchamment en s’approchant de nous.

Peu à peu, je pus discerner ses traits ; c’était Kevin !

- Kevin ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?
- Je vous ai vu quitter la soirée et comme vous aviez beaucoup bu je voulais m’assurer que vous alliez bien rentrer. Quand j’ai compris que vous étiez en panne, je me suis dit que ce serait plus marrant de vous faire peur. Vous en faites une tête !
- Mais la lumière ? et le vent ? Comment as-tu pu… tout casser… les vitraux ?
Kevin éclata d’un rire sonore qui résonna dans la chapelle.
- De quoi parles-tu ? J’ai juste ma lampe torche et le ciel est dégagé il n’y a pas de vent ! Vous avez vraiment trop bu. Allez on rentre.