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Championnat départemental d’orthographe

mercredi 10 juin 2015, par Sophie Gasnier.

Le mercredi 27 mai à partir de 14h, l’amphi de droit du pôle universitaire de Damigny était silencieux : les 127 élèves sélectionnés pour le championnat départemental d’orthographe étaient concentré pour la finale.

C’est l’acteur alençonnais Christophe Brault qui leur a dicté le texte de J.-M.-G. Le Clézio avant qu’ils ne répondent aux questions de culture générale qui visait à les départager.
Le collège Molière est très fier de Thomas qui est arrivé à la 12è place.

Pour tester votre orthographe, voici le texte :

« Chaque nuit, dans une sorte de revanche du monde animal la case était envahie par des myriades d’insectes volants. Certains soirs, avant la pluie, ils étaient une armée. Mon père fermait les portes et les volets (il n’y avait pas de carreaux aux rares fenêtres), dépliait les moustiquaires au-dessus des lits et des hamacs. C’était une guerre perdue d’avance. Dans la salle à manger, nous nous dépêchions de manger la soupe d’arachide, pour pouvoir gagner l’abri des moustiquaires. Les insectes arrivaient par vagues, on les entendait s’écorcher sur les volets, attirés par la lumière de la lampe à pétrole. Ils passaient par les interstices des volets, sous les portes. Ils tourbillonnaient follement dans la salle, autour de la lampe, se brûlaient contre le verre. Aux murs, là où la lumière se reflétait, les margouillats lançaient leurs petits cris chaque fois qu’ils avalaient une proie. Je ne sais pourquoi, il me semble qu’à aucun autre endroit je n’ai ressenti cette impression de famille, de faire partie d’une cellule. Après les journées brûlantes, à courir dans la savane, après l’orage et les éclairs, cette salle étouffante devenait pareille à la cabine d’un bateau fermée contre la nuit, tandis qu’au-dehors se déchaînait le monde des insectes. Là j’étais vraiment à l’abri, comme à l’intérieur d’une grotte. L’odeur de la soupe d’arachide, du foufou, du pain de manioc, la voix de mon père avec son accent chantant, en train de raconter les anecdotes de sa journée à l’hôpital, et le sentiment du danger au-dehors, l’armée invisible des papillons de nuit frappait les volets, les margouillats excités, la nuit chaude, tendue, non pas une nuit de repos et d’abandon comme autrefois, mais une nuit fiévreuse, harassante. Et le goût de la quinine dans la bouche, cette pilule extraordinairement petite et amère qu’il fallait avaler avec un verre d’eau tiède puisée au filtre avant d’aller se coucher, pour prévenir la malaria (...) Si loin de la salle à manger de ma grand-mère, du luxe rassurant des vieux fauteuils de cuir, des conversations endormissantes et de la soupière fumante, décorée d’une guirlande de houx, dans la nuit calme et lointaine de la ville ».

J.M.G Le Clézio, L’Africain, Mercure de France, 2004, Pages 35-37

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